terça-feira, julho 10, 2018

Há 33 anos os Serviços Secretos franceses afundaram o Rainbow Warrior

L’affaire du Rainbow Warrior est une opération à laquelle le gouvernement et les services secrets français prennent part, en 1985, en coulant le navire amiral de l'organisation écologiste Greenpeace, le Rainbow Warrior, qui faisait route vers Mururoa pour protester contre les essais nucléaires français. Le photographe Fernando Pereira périt dans le naufrage.
 Fernando Pereira
  
En juillet 1985, le Rainbow Warrior (le «Guerrier Arc-en-ciel» en anglais), bateau de l'organisation écologiste Greenpeace, est amarré à Auckland en Nouvelle-Zélande. Son but est d’emmener d’autres bateaux vers l’atoll de Mururoa pour protester contre les essais nucléaires français et les gêner dans la mesure du possible.
L'opération se déroule le 10 juillet 1985. Le matériel est transféré d'une camionnette de location, utilisée par deux agents appelés les faux époux Turenge dans un canot pneumatique piloté par trois nageurs de combat. Le pilote, identifié comme l'homme au bonnet rouge et surnommé Pierre le Marin, serait Gérard Royal (frère de la socialiste Ségolène Royal). Il quittera le service avec le grade de lieutenant-colonel. À 23 h 50, le navire est coulé, mais le photographe néerlandais, d'origine portugaise, Fernando Pereira, parti récupérer, après une première explosion, ses équipements photographiques, se trouve piégé à l'intérieur du navire et meurt lors d'une seconde explosion.
Les faux époux Turenge sont facilement arrêtés par la police néo-zélandaise d'Auckland à cause de la camionnette qu'ils ont louée pour récupérer les plongeurs chargés de placer les explosifs. Un concours de circonstances fait que, un certain nombre de cambriolages ayant précédemment eu lieu sur le port, un vigile placé là en surveillance, voyant cette camionnette attendant dans un coin discret, note son numéro d’immatriculation, ce qui permet à la police de réagir rapidement.
Dès le 12 juillet à 9 h du matin, la police néo-zélandaise interpelle deux touristes suisses munis de faux papiers, les «faux époux Turenge», qui sont en fait deux agents de la DGSE, le chef de bataillon Alain Mafart et le capitaine Dominique Maire, épouse Prieur. Méfiant, le surintendant Alan Galbraith, chef de la Criminal Investigation Branch envoie deux télex, l'un à Londres, l'autre à Berne. La réponse arrive le 14 juillet : ces passeports sont des faux. La presse néo-zélandaise commence à mettre en cause les services spéciaux français.
Les protagonistes sont définitivement identifiés comme étant les poseurs de bombe grâce à leurs empreintes digitales retrouvées sous le canot pneumatique qui avait servi à poser la bombe. À cette époque la technique pour relever des empreintes sur un objet ayant séjourné dans l'eau (comme ce fut le cas pour le dessous du canot) était très peu répandue. Cependant, une équipe d'experts internationaux, qui se trouvait sur place à cette époque, mit à disposition son savoir-faire, tout nouveau, et releva les empreintes qui, quelques mois auparavant, seraient restées inexploitables.
Ils sont inculpés de meurtre le 23 juillet. Le Premier ministre néo-zélandais, David Lange, accuse des «éléments étrangers» d'avoir pris part à l'attentat, visant implicitement la France. Le 26 juillet, la justice néo-zélandaise lance un mandat d'arrêt international contre les passagers d'un voilier Ouvéa, qui a levé l'ancre d'Auckland la veille du sabotage et contre l'agent de la DGSE qui avait infiltré l'organisation avant l'opération pour faire des repérages.
Du côté français, Pierre Joxe, alors ministre de l'Intérieur, décide de lancer une enquête de police et organise la fuite des informations vers la presse. Ces fuites permettent à l'enquête néo-zélandaise de progresser très rapidement et déclenchent un important scandale médiatique. Selon les participants de l'opération, le but de Pierre Joxe aurait été de se débarrasser de Charles Hernu, ministre de la Défense, alors proche de Mitterrand, et rival politique au sein du gouvernement.
Alors que Charles Hernu nie toujours toute implication de la DGSE, l'imminence de la publication de documents compromettants décide François Mitterrand à commander le 6 août un rapport au conseiller d'État Bernard Tricot, remis le 26 août et qui blanchit la DGSE, suscitant même les doutes du Premier ministre Laurent Fabius. Après la révélation le 17 septembre par le quotidien le Monde de l’existence d’une troisième équipe alors que la défense de la France s'appuyait sur l'impossibilité pour les faux époux Turenge et les hommes de l'Ouvéa d'avoir commis l'attentat, le scandale rebondit. Le surlendemain, le Président réclame à son Premier ministre des sanctions. Le 20 septembre, le ministre de la Défense Charles Hernu démissionne et l’amiral Pierre Lacoste, patron de la DGSE, est limogé. Le 22 septembre, Laurent Fabius finit par admettre à la télévision que les services secrets français avaient mené l’attaque du Rainbow Warrior.
Le 4 novembre 1985, Alain Mafart et Dominique Prieur comparaissent devant la cour d'Auckland pour les premières auditions; ils plaident coupable d’homicide involontaire. Le 22 novembre, ils sont condamnés à 10 ans de prison. Ils sont transférés en juillet 1986 sur l'atoll de Hao en Polynésie et affectés au 5e régiment étranger pour administration. Ils seront rapatriés en métropole séparément.
Le procès a été filmé malgré l'opposition des Français, puis a été diffusé sur une chaîne nationale à partir du 26 septembre 2006. Les agents français ont été déboutés par les juridictions néo-zélandaises de leur opposition à la diffusion de la vidéo du procès.
Il avait été envisagé par les services français de dégrader le gazole du navire en déversant des bactéries dans les réservoirs, avant de retenir l'option de la bombe.
Le 29 septembre 2006, Antoine Royal déclare à la presse que son frère Gérard Royal se serait vanté d'avoir lui-même posé la bombe, ce que l'intéressé a refusé de confirmer. Le premier ministre néo-zélandais a exclu toute nouvelle action concernant le Rainbow Warrior compte tenu des engagements internationaux pris entre la France et la Nouvelle Zélande.
L’affaire entraîne une crise dans les relations entre la France et la Nouvelle-Zélande. Suite à l’abandon par la France de sa déclaration de juridiction obligatoire en 1974, l’affaire n’est pas traitée par la Cour internationale de justice. Les deux parties font appel au Secrétaire général de l'Organisation des Nations unies (à ce moment Javier Pérez de Cuéllar) en lui demandant de rendre un règlement obligatoire pour les deux parties, ce qu’il fait en juillet 1986.
La décision accorde une double réparation à la Nouvelle-Zélande: d'abord, une satisfaction sous la forme d'excuses officielles de la France, ensuite, une réparation de sept millions de dollars de dommages et intérêts. Le 9 juillet, trois accords sous forme d’échanges de lettres sont signés pour régler le problème. Conformément à ces accords, les deux agents français sont transférés sur l’île d’Hao en Polynésie française avec interdiction de revenir en métropole pendant trois ans. Mais le 14 décembre 1987, le chef de bataillon Mafart est rapatrié pour raisons médicales, suivi le 6 mai 1988 du capitaine Maire, son père mourant. La Nouvelle-Zélande porte alors l’affaire devant un tribunal arbitral. Les relations entre les deux pays resteront tendues de nombreuses années. En 1987, la France versera 8,16 millions de dollars d’indemnités à Greenpeace.
La France s'est abstenue de s'opposer à l'entrée sur le territoire européen de la viande d'agneau et de mouton en provenance de Nouvelle Zélande, ce qui tranche avec son habitude de défendre les intérêts de l'agriculture, ce que certains imputent à un accord tacite faisant partie du volet des réparations de la France à la Nouvelle Zélande.
  

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